Une charte graphique pour votre identité papier et web.

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| par Teddy Payet

Il est toujours intéressant de voir l’évolution d’un logo, d’une identité d’une marque (que ce soit une grande entreprise comme le boulanger du coin). Mais il ne faut pas oublier qu’un logo seul ne fait pas tout, il vit dans un environnement, avec d’autres éléments. C’est ce qui fait sa force… ou sa faiblesse. Un moyen d’aider les personnes qui reprendraient votre création est de réaliser une charte graphique.

Voici quelques points qui sont essentiels dans une charte graphique. En premier lieu, vous êtes en droit de me demander pourquoi créer cette charte ?

  1. Et bien, je pense qu’on aura ainsi un point de référence lors de la remise des fichiers. Le client visualisera plus facilement comment vivra son image, son logo.
  2. Mine de rien, avoir une charte graphique, un guide de référence, vous donne l’air professionnel. Les personnes qui auront accès à ce guide sauront que vous avez réfléchi jusqu’au bout.
  3. Vous gardez un certain contrôle sur votre création. Et oui, cela arrive qu’une relation avec un client ne soit pas éternelle pour X raisons. Mais aussi, que vous ne puissiez pas réaliser tous les projets de votre client en même temps. Alors les autres prestataires se référeront à votre charte.
  4. Vous évitez qu’on maltraite votre création et que le logo garde tout l’impact nécessaire que vous aviez défini lors de sa réalisation.
  5. Là aussi, ça vous permet aussi à vous, en tant que graphiste, de réaliser un concept cohérent, à perfectionner votre langage graphique.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet.

Introduction à l’image corporate

Ce point devra être concis et valoriser l’identité. Vous n’allez pas non plus ré-inventer la roue, l’idée générale vient du brief que vous avez reçu (à l’écrit ou à l’orale) de votre client. Vous devez ré-écrire cela dans un contexte plus claire, plus structuré pour amener les gens vers votre vision de l’image corporate.
Essayez dans la mesure du possible de faire passer votre concept dans la première phrase.
Pour étayer votre message, vous pourriez vous permettre l’utilisation d’une image, une photographie auprès de votre texte.
Un exemple : vous avez créé le logo pour un boulanger artisan qui n’utilise que des produits “bio”. Utilisez des photos des matières premières ou du produit fini : le blé, la farine, le pain, etc. ou le boulanger en train de façonner son pain. Tout cela en gros plan. Cela renforcera l’esprit de savoir faire, d’importance du produit, du respect du produit. Si vous prenez des photos du boulanger lorsqu’il travaille la pâte, jetant de la farine, l’image prise du mouvement donnera un dynamisme à la photographie comme à la page où se trouvera cette dernière.

Le logo

Eh bien, il faut bien le présenter à un moment ou un autre, de préférence en premier. Il est le bloc moteur de votre identité, de votre concept. Vous devez identifier ici la structure de votre logo et le montrer sous toutes ses formes. Généralement, le logo est composé d’un symbole et d’un nom. À partir de là, vous devez répondre à ces questions :

  1. Comment vit les éléments l’un au dessus de l’autre ?
  2. À l’horizontal, le symbole à droite ou à gauche du nom ?
  3. Quelle est la proportion du nom par rapport au symbole ?
  4. Comment vit chaque élément séparément ? (Le nom seul, le symbole seul)

Mais à cela aussi, dans chaque cas, vous devez donner la dimension minimale pour l’utilisation du logo (en mm comme en pixel pour le web). En effet, si un logo avec une accroche est trop petit, on n’arrive plus à lire l’accroche, ce qui fait perdre l’impact de l’accroche.

La gestion du blanc

Ou la gestion de l’espace autour de votre logo.
Pour vous, il est naturel de laisser un espace « blanc », ou vide si ce terme vous parle plus, autour de votre logo. Alors montrez-le, quelle est l’unité de mesure vous permettant de créer ce blanc ? Une lettre du nom ? Une forme de votre symbole ?

La couleur

Votre logo est forcément composé de couleur(s). Vous devez ainsi inclure la palette de couleurs qui ira avec la communication de votre logo.
On pourrait par exemple imaginer que pour le logo d’une grande entreprise du CAC 40, vous avez définie soit une couleur pour chaque service de l’entreprise, soit une pour chaque secteur régional qui compose l’entreprise (une en Poitou Charentes, une à Paris, à Marseilles, dans le Morbihan, à la Réunion, etc.)
Pour chaque couleur, vous devrez spécifier les valeurs CMJN, Pantones, RVB et Hexadécimal.
Si votre logo est composé de plusieurs nuances de couleurs, vous pouvez définir la version Noir&Blanc, monochrome, version au trait, etc.
Un très bon exemple de concept est la Fédération Française d’HandiSport :
http://www.handisport.org/content/c...
http://www.handisport.org/ftp/Chart...

L’utilisation correcte du logo.

Si vous avez répondu aux différentes questions précédemment posées pour le logo, vous avez fait déjà une bonne partie du travail. Il vous sera très facile maintenant de montrer la bonne utilisation de votre logo dans différentes situations :

  1. sur un fond de couleur claire ;
  2. sur un fond de couleur foncé ;
  3. sur une photographie ;
  4. sur une photographie trop détaillée ;
  5. sur un dégradé de couleur ou un halo ;
  6. etc.

Des exemples de chose à faire et ne pas faire

Bien, vous avez montré plusieurs situations d’utilisations de votre logo. Maintenant, il faut aussi illustrer ce que vous ne désirez pas voir sur votre création :

  1. déformer le logo ;
  2. changer son orientation ;
  3. mettre un logo en relief/3D ;
  4. mettre une lueur externe ;
  5. changer le symbole ;
  6. etc.

À vous de jouer et d’être le pire graphiste, pour une fois, que vous ayez connu.

La police officielle

Votre logo est composé d’un nom, de ce fait, vous utilisez une police précise. Doit-on utiliser cette police partout ? Quelle est la taille, l’interlignage, l’espace avant ou après, etc. Ces derniers points sont à définir pour votre brochure papier et pour votre site internet.
Et à ce titre, si votre police n’est pas une police classique internet, il vous faut spécifier la police alternative. Il existe toutefois de nos jours, les Webfonts (cf. http://www.google.com/webfonts) qui permettent de piocher dans une gamme plus large de polices.

Mises en page et compositions

En créant des templates et des gabarits pour la mise en page, vous pousserez à une bonne pratique et une constante dans l’univers de l’identité que vous avez créé. Vous pouvez définir des modèles pour les brochures papiers tout comme des pages web.
Pour se faire, vous pourriez définir une grille de mise en page. Référez-vous à ces articles sur l’harmonie de la page :

À vous d’étoffer vos connaissances au fil de vos lectures et de vos inspirations.

Pour aller plus loin encore…

Les premiers points abordés sont déjà suffisants pour constituer une bonne charte graphique.

Et le texte ?

On parle beaucoup de charte graphique, mais il reste aussi un élément important : le texte. Si vous êtes bon rédacteur, vous pourriez aussi déterminer certaines règles éditoriales simples :

  • Comment écrire des abréviations ;
  • Comment écrire les chiffres et les nombres dans un texte ;
  • Comment écrire une date ;
  • etc.

La signalétique

SI vous avez créé l’identité visuelle d’une entreprise, il peut être bien de créer toute la signalétique de l’entreprise :

  • les panneaux d’indication de direction ;
  • les noms de zone ou de salles ;
  • les portes des pièces fonctionnelles (ascenseurs, toilettes, local technique, etc.) ;
  • l’enseigne à l’entrée de l’entreprise ;

L’iconographie

Préférez vous utiliser des illustrations ? Des photographies ?
Quel est le cadrage pour chaque élément ? Dans le cadre des illustrations, doivent-elles être réalistes ? Schématisées ? En “2D” ? En 3D ? Très colorées ? Etc.
Les photographies : Des photo d’objets ? En gros plan ? Quel thématique pour les photos ? La palette de couleur, etc.
Vous pouvez aussi créer une bibliothèque d’icônes à utiliser selon les besoins dans une brochure papier, ou le site internet.

Conclusion

On peut aller très loin dans une charte graphique. Il vous faudrait quantifier et identifier les besoins de votre client. Il est sûr que vous n’allez pas passer autant d’heures sur le projet d’une entreprise de 300 salariés et le projet d’une entreprise connu de 300 personnes.
Bien entendu, que ce soit pour l’un ou pour l’autre, vous vous devez d’être professionnel et fournir un travail de qualité.